À Hangzhou, en Chine, un nouvel établissement fait sensation. Ce n’est pas seulement sa brigade de plus de dix chefs automatisés qui attire les foules, mais ses tarifs défiant toute concurrence et sa mission sociale inédite. Baptisé « Restaurant Robotisé IA des 24 Termes Solaires », l’endroit propose des bols de nouilles pour à peine 1,30 €, des cafés à 0,80 € et des glaces pour la modique somme de 0,40 €. On ne parle pas ici d’un simple gadget marketing, mais d’un restaurant 100 % opérationnel où les robots gèrent tout, de la maîtrise du wok au nettoyage final.
En cuisine, c’est un ballet de précision chirurgicale. L’un des robots de cuisson a été « formé » en mimant les gestes de chefs professionnels et peut concocter plus de 100 plats différents, tandis que la station dédiée aux nouilles sort un bol fumant en moins de trois minutes. Lancé en phase de test en janvier 2026, l’établissement dispose également de bras robotisés pour le café et de droïdes de nettoyage qui patrouillent en salle. Selon les retours locaux, la qualité est telle que la plupart des clients seraient bien incapables de deviner que leur repas a été préparé par une machine.
Pourtant, l’aspect le plus bluffant de cette aventure n’est pas technologique, mais humain. Le restaurant fait également office de cantine solidaire pour les seniors du quartier. En déléguant les tâches répétitives et physiquement éprouvantes de la cuisine aux machines, le personnel humain se retrouve libéré pour l’essentiel : passer du temps avec les aînés, leur tenir compagnie et cultiver un véritable esprit de communauté.
Pourquoi est-ce une étape cruciale ?
Ce restaurant de Hangzhou offre un contre-récit puissant à l’angoisse habituelle des robots qui « voleraient nos jobs ». Ici, on ne parle pas de simple remplacement, mais d’un modèle de redéploiement de la main-d’œuvre. L’automatisation se charge des corvées ingrates, permettant aux employés de se concentrer sur des rôles empathiques et sociaux à forte valeur ajoutée, là où les machines sont incapables de rivaliser.
Alors que des nations comme la Chine font face au double défi du vieillissement rapide de la population et d’une pénurie croissante de main-d’œuvre, cette fusion entre food-tech et action sociale pourrait bien être plus qu’une simple curiosité locale : c’est un véritable prototype pour l’avenir. Il prouve que l’objectif de l’automatisation n’est pas forcément d’exclure l’humain de l’équation, mais plutôt de l’élever vers un travail plus porteur de sens.













